Un parc public comme bien commun: le Panorama Forest

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Création d’un verger/parc public autogéré

L’aménagement des espaces publics urbains actuel comporte un certain nombre d’enjeux: évolution démographique et pression foncière, désir de revitalisation de certains quartiers, perte d’espaces verts et de biodiversité en ville, fractionnement socio-spatial, augmentation des zones minéralisées, diminution de la qualité de vie… il est donc crucial de protéger et de développer les services écosystémiques.

En réponse à ces enjeux, le Centre d’Ecologie Urbaine, le collectif « Fruitbomen & Arbres à fruits » (qui fait partie de la plateforme www.bruxellesportesesfruits.be) et la Commune de Forest initient la création d’un espace public et de bien commun sur le talus au-dessous du panorama de Bruxelles, entre l’Avenue de Besme et l’Avenue Jupiter.

Une gestion plus (éco)logique

  • Utiliser au maximum les ressources présentes sur place : fauche tardive, compostage, broyage, paillage, renouvellement de la fertilité du sol grâce à la biomasse produite sur le site.
  • Diminuer les coûts et les énergies consacrées à l’entretien
  • Réduire drastiquement les intrants phytosanitaires ou les apports extérieurs de matière
  • Maximaliser les interactions bénéfiques entre plantes / champignons / animaux

Une gestion participative

En utilisant un type de gouvernance adaptative et transparente, l’initiative vise à développer les bénéfices écologiques, économiques et sociaux à l’ensemble des usagers et pacifie les rapports entre la « ville » et la « nature ».

Le projet implique ainsi :

  • Les riverains, voisins et habitants
  • Le monde associatif, académique
  • La sphère institutionnelle

Il s’agit par conséquent d’un processus long et évolutif qui requière votre participation et votre soutien! Vous pouvez vous abonner à la liste de diffusion ci-dessous pour participer à l’une des prochaines actions, réunions ou évènements. Inscrivez-vous ici à la liste de diffusion pour être tenu au courant des activités au Panorama.

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Concrètement?

L’objectif est tout à la fois environnemental et paysager, social et pédagogique.

Un objectif environnemental et paysager : planter un verger de variétés naturellement résistantes aux maladies et l’inscrire dans le réseau des vergers conservatoires (pour faire des confitures, des tartes…).

Dans un souci esthétique, pour les abeilles, pour les cueillir et les offrir: Créer des zones refuges pour la faune et les auxiliaires au jardin et au verger. Semer et planter des fleurs mellifères, de bord des champs, comestibles, en parterres fleuris ou en en prés de fauche. Combiner des plantes pérennes et annuelles

L’aménagement du site et les plantations seront donc appréhendés dans un souci de préserver et d’augmenter la qualité biologique et paysagère du lieu en s’appuyant sur ses atouts (liaison écologique entre les Parc Duden et de Forest / lien avec les projets de jardins communautaires et de ruchers à proximité/ panorama urbain / espace neutre socialement/ rapport pleins-vides et espace de respiration dans la ville) et en essayant de déjouer ses faiblesses (forte déclivité / orientation Nord-Ouest / faible contrôle social)

Un objectif social :  faire du verger un lieu fédérateur pour les riverains et les usagers des parcs, favoriser les échanges informels entre les habitants du haut et du bas de Forest, permettre le brassage et le décloisonnement des communautés autour d’un projet concret, enraciné, culturellement neutre mais symboliquement fort. Le projet est relié et ouvert à toutes les personnes désirant s’impliquer dans des projets d’écologie et d’agriculture urbaine.

Le projet implique également le monde associatif, académique (notamment par la présence d’un projet de phytoremédiation) et la sphère institutionnelle (le projet est réalisé en collaboration avec la Commune de Forest).

Un objectif pédagogique et expérimental : Le projet expérimente une gestion délibérative, c’est-à-dire souhaite être un vecteur d’autonomie et d’émancipation sociale en permettant aux participants et aux publics de mieux comprendre leur environnement, les enjeux et les défis qui y sont liés (qualités gustatives et nutritionnelles de l’alimentation, souveraineté alimentaire, re-localisation, …).

Des exemples d’ailleurs?

Pour ne citer que les plus emblématiques, la vaste mobilisation citoyenne dans la ville anglaise de Todmorden intitulée « Incredible Edibles » a permis une augmentation significative de la production locale des fruits et des légumes, grâce à une collaboration étroite entre impulsions citoyennes et les autorités locales. Ces dernières ont souvent mis à disposition des terrains pour des plantations d’espèces comestibles dans l’espace public. L’exemple de Todmorden montre d’ailleurs non seulement les avantages de combiner les approches top-down et bottom-up, mais également que des enjeux comme le vandalisme, les incivilités et l’entretien bénévole peuvent être affrontés grâce à une organisation transparente et efficace de l’espace public par les citoyens.

Plus proche de la topographie du site qui fait l’objet de notre attention, le Beacon Park à Seattle est un projet de forêt comestible autogérée combinant un verger collectif et un potager parcellisé. L’exemple de Seattle met en lumière la capacité des citoyens de gérer de manière autonome les différents techniques d’aménagements et d’horticulture ainsi que la capacité du collectif de lever des fonds nécessaires à la gestion de l’espace public.

En France, la plantation d’arbres fruitiers en libre-service à la Folie Couvrechef de Caen montre non seulement la possibilité d’aménager un verger dans un espace public mais également sa grande valeur pédagogique, de sensibilisation et d’éducation permanente.