Opération Phosphore: vers un système écologique des matières organiques à Bruxelles-Capitale

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L’Opération Phosphore est une plateforme transversale regroupant les acteurs de différentes échelles et de différentes disciplines qui travaillent sur la faisabilité d’un système décentralisé de gestion des matières organiques qui intégrerait le compostage décentralisé et/ou des solutions semi-industrielles.Opérationphosphore

 

L’Opération Phosphore met en place une recherche-action participative qui intègre tous les acteurs importants du système de gestion de la matière organique (universités : ULB, VUB ; administrations : Agence Bruxelles Propreté, Bruxelles Environnement ; société civile : associations, habitants etc.) dans une réflexion commune portant sur le futur système et sur la manière de le mettre en place : l’objectif étant que le futur système ait du sens pour tous, dans une optique de résilience territoriale.

COMMENT TRAITER EFFICACEMENT LES DÉCHETS ORGANIQUES EN RÉGION DE BRUXELLES-CAPITALE ?

L’ensemble des déchets domestiques de la Région Bruxelles-Capitale sont essentiellement pris en charge, de la collecte au retraitement, par l’Agence Bruxelles Propreté (ABP) qui mobilise quotidiennement plus de 2400 salariés.

Une directive européenne a posé que 50% des déchets soit retraité d’ici à 2020. Or dans le système actuel, chacune des poubelles bruxelloise composée en moyenne de 30 à 40% de déchets organiques (en poids), est aujourd’hui incinérée. Cette situation interroge donc l’ABP et de nombreux acteurs bruxellois qui s’accordent sur la nécessité de réformer ce système pour permettre de passer du déchet à la ressource.

En effet, les 180 000 tonnes de déchets organiques produits par an à Bruxelles-Capitale représentent potentiellement:

  • Une grande ressource en azote et en phosphore, deux engrais minéraux fondamentaux utilisables pour l’agriculture et l’horticulture, quand ils sont compostés.
  • Une ressource en méthane (transformé en électricité), quand ils sont biométhanisés. C’est le sens du projet-pilote de l’ABP « be-organic« .

L’INCINERATION

Alors que rien n’oblige à Bruxelles le tri des déchets organiques, la plupart de ces déchets sont incinérés pour produire environ 5% de l’électricité de Bruxelles-Capitale.

LE COMPOSTAGE

17% des Bruxellois sont actifs dans des initiatives de compostage aujourd’hui en partie soutenues par l’asbl Worms et Bruxelles Environnement. Grâce au travail depuis près de 20 ans à Bruxelles du Comité Jean Pain qui a formé les 60 premiers agents de l’IBGE et les 3/4 des 450 « maîtres-composteurs » qui œuvrent bénévolement à la création d’humus à Bruxelles, on estime aujourd’hui à 20 000 tonnes le nombre de déchets organiques ainsi recyclés chaque année (voir l’étude Mesurer l’économie circulaire, réalisée dans le cadre du projet de recherche européen TURAS, ci-dessous référencée)

Par ailleurs, les déchets verts issus des jardins et des parcs sont compostés par Bruxelles-compost SA qui produit 9200 tonnes de compost relativement pauvre en azote et en phosphate vendus environ 5 euros la tonne.

LA METHANISATION (LES SACS ORANGES)

C’est le projet-pilote « be-organic » mis en place par l’ABP. Ce projet consiste à développer sur base volontaire les matières organiques dans plusieurs communes de Bruxelles-Capitale. Ces déchets sont envoyés à l’usine de biométhanisation d’Ypres, située à environ 130 kilomètres de Bruxelles-capitale, dans l’entreprise « Biomass centre » dont la capacité de traitement est limitée (environ 25 000 tonnes par an). Il s’agit donc là d’une expérimentation.

En effet, la collecte et le transport de ces déchets jusqu’à Ypres ont un cout. Cette opération se justifie par le besoin d’une part d’évaluer les flux et les quantités, et d’autre part d’apporter des éléments de solution afin de répondre aux objectif de l’Europe de recycler 50% des déchets en 2020. Or, l’usine de biométhanisation de Ypres étant trop et trop petite pour retraiter sur le long terme les matières organiques de Bruxelles-Capitale, il faudrait à terme investir massivement (jusqu’à environ 25 millions d’euros pour une méga-usine) pour la construction d’un dispositif industriel centralisé de biométhanisation.

UN SYSTEME DECENTRALISE VS UNE MEGA USINE DE BIOMETHANISATION

Tout est une question de proportion. Selon l’adage qui veut que nous ne mettions pas tous nos œufs dans le même panier, l’Opération Phosphore est une plateforme regroupant des acteurs à différentes échelles et de différentes disciplinent qui travaillent sur la co-création d’un système décentralisé de gestion des matières organiques qui intègrerait le compostage décentralisé et/ou des solutions semi-industrielles.

A la différence d’une usine de biométhanisation qui est fortement demandeuse en capital et beaucoup moins en travail (principe de l’innovation technique), un système décentralisé de gestion des matières organiques est plus demandeur en travail et beaucoup moins en capital (principe de l’innovation sociale). En effet, l’option décentralisée souhaite pouvoir valoriser le travail et les connaissances de 400 maitres-composteurs déjà formés.

L’alternative décentralisée potentielle consisterait en amont à augmenter le nombre de stations de compostage/de biométhanisation, et en aval à développer les filières pour le compost produit. En effet, en plus de son utilisation directe dans les parcs et les jardins, le compost doit être utilisé par une agriculture péri-urbaine très demandeuse d’un compost de qualité. Le système décentralisé de quartiers pourrait donc œuvrer en faveur d’un resserrement des liens historiques entre la ville et sa campagne nourricière, s’inscrivant donc tout à fait dans la stratégie Good Food de Bruxelles-Environnement.

LES AVANTAGES D’UN SYSTÈME DÉCENTRALISÉ DE COMPOSTAGE

Selon Bruxelles Environnement, le compostage est « la voie ayant le moins d’impact sur l’environnement puisqu’il n’y pas d’opération mécanisée consommatrice d’énergie, pas d’opération de collecte ni de transport associés et que le compost ainsi produit est de qualité puisqu’il sera directement utilisé par son producteur »[1].
Selon l’étude Mesurer l’économie circulaire à l’échelle territoriale de 2016 (voir ci-dessous), l’option de traitement décentralisé de compostage des déchets organiques permettrait de :

  • Valoriser et mobiliser le savoir-faire de près de 1 200 maîtres-composteurs (actuellement environ 400) au travers notamment d’un défraiement de leur travail aujourd’hui entièrement bénévole, et cela sans dépasser le cout d’exploitation engendré par l’option de traitement industriel.
  • Dynamiser le tissu social et citoyen en responsabilisant et en impliquant la population bruxelloise dans un projet de citoyenneté active, écologique et innovante.
  • Produire un compost de qualité pour une agriculture périurbaine responsable.

NE METTONS PAS TOUS NOS ŒUFS DANS LE MÊME PANIER !

Le futur système bruxellois de traitement des déchets organiques ne sera probablement pas aussi contrasté. Il pourrait en effet évoluer vers une solution hybride qui intégrerait des solutions décentralisées, semi-industrielles et industrielle : seul le travail de co-création avec tous les acteurs du système nous le dira !

Quoi qu’il en soit, en attendant la mise en place d’un système cohérent, il est important de disposer des informations nécessaires à une prise de décision commune et adaptée à Bruxelles-Capitale.

Si vous désirez vous inscrire, nous soutenir en faisant un don ou en devenant membre, en savoir plus sur cette thématique d’actualité ou sur les autres projets du centre d’écologie urbaine asbl : rendez-vous sur le site Internet ou écrivez-nous à www.urban-ecology.be / postman[at]urban-ecology.be


[1] Bruxelles Environnement (2015), Métabolisme de la Région de Bruxelles-Capitale : Identification des flux, acteurs et activités économiques sur le territoire et pistes de réflexion pour l’optimisation des ressources. Rapport compilé par Batir, Ecores et ICEDD.

[2] L’Observatoire Français des Conjonctures Economiques.


Membres du consortium de l’Opération Phsophore

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La création de l’Opération Phosphore a été soutenu par:

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La réflexion de l’Opération Phosphore est soutenu par:

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Avec le soutien de Bruxelles Nature, Groupement d’associations de défense de la Nature à Bruxelles

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